01/05/2009

L'annonce de ton départ.

La première fois que tu m'en as parlé, c'est quand je t'avais invité au restaurant. Mais à ce moment, c'était loin d'être un projet réel : c'était juste une possibilité que tu envisageais pour le cas où ton contrat ne serait pas renouvelé. Si ça arrivait, tu irais définitivement t'établir à l'Etranger. Mais comme ton contrat était renouvelé chaque année depuis longtemps, il n'y avait que très peu de chance que ça se présente.

La semaine suivante, tu m'as téléphoné en me proposant d'aller au cinéma. Sur le chemin du retour, tu m'as invité chez toi pour le samedi suivant. Nos deux amis seraient là également.

C'est pendant qu'on prenait l'apéritif que tu nous l'as annoncé : au début de l'année suivante, tu quitterais la Belgique pour ne plus revenir. Tu m'as regardé en ajoutant :
"Je sais bien que ça ne te fait pas plaisir".
Je t'ai regardé aussi et je me suis contenté de sourire...

Mais intérieurement, ça a été la "douche froide". Je ne m'y attendais vraiment pas et, comme tu l'avais deviné tout de suite, ça ne me faisait pas plaisir du tout.
("on risque de pleurer un peu si l'on s'est laissé apprivoiser...")
On avait quand même une consolation : tu avais expliqué toutes tes motivations mais tu avais aussi ajouté que ceux que tu regretterais, c'étaient tes amis qui étaient là aujourd'hui, qu'ils passaient même avant ta propre famille. C'est beaucoup...
Je suis resté "impassible". Je ne sais pas trop comment j'ai pu. On a passé la journée normalement et on s'est quitté comme d'habitude.

Et puis, j'ai bien réfléchi. Je voulais que tu restes mais je devais te laisser partir. Ce que je "voulais", c'était pour moi. Ce que je devais faire, c'était te faire passer avant. Alors, je me suis promis que jamais je ne dirais ou ne ferais quoi que ce soit qui te fasse douter, qui te fasse changer d'avis ou qui te donne mauvaise conscience. Ni devant toi, ni devant personne, comme ça personne ne pourrait te répéter que tu me manquerais et que j'aurais préféré que tu restes.
Une décision comme ça, ça ne doit pas être évident à prendre. Alors on n'a pas besoin que des amis compliquent les choses. Si c'est le cas, ce ne sont pas des amis.
Evoquer les difficultés que tu risquais de rencontrer (et on en rencontre toujours dans la vie), c'était te faire douter et te donner des remords si tout ne marchait pas aussi bien que tu l'aurais voulu. Et dans ces moments-là, tu te dirais sans doute "qu'on t'avait bien prévenu" et que tu avais eu tort de partir. Et si tu restais, à chaque difficulté, tu risquais de penser que tu aurais mieux fait de partir mais qu'on t'avait retenu contre ton gré. Te dire que tu allais nous manquer, c'était rendre les choses plus difficiles pour toi, te donner mauvaise conscience, quelque part "t'accuser" d'abandonner les personnes qui tenaient à toi.
La seule chose qu'on pouvait faire pour toi, c'était d'accepter ton choix et de ne pas s'en mêler. Il n'était pas question d'inventer des "mauvaises bonnes raisons" pour que tu restes. Et puis, comme ça, j'avais aussi l'impression de faire quelque chose de bien pour toi. Quelque chose de difficile puisque ça voulait dire que j'acceptais de te laisser partir sans rien dire. C'était une sorte de "cadeau". Le "cadeau" le plus coûteux qu'il soit et tu n'en aurais jamais connu le prix.
Et puis, tout n'était pas encore perdu : on avait encore environ 10 mois... C'est beaucoup 10 mois. On peut en faire des choses ensemble en 10 mois.

Et puis tout a changé. A partir de juin, c'était pratiquement comme si on ne se connaissait plus : une vague "connaissance" à qui on donne à peine des nouvelles de temps en temps... Il n'était plus question de t'établir à l'Etranger mais bien de rester. En septembre, ça a été la période de doute : le départ était de nouveau envisageable. Ensuite, une période de trois mois sans aucune nouvelle. Un "retour" en décembre qui n'a été que très éphémère avec encore de gros doutes sur le fait que tu allais partir ou rester. Enfin, la décision de partir a repris le dessus. Un départ programmé pour avril. Après cette décision, plus rien... On m'a juste appris par la suite que tu étais finalement restée et que ça a fini par se terminer par un drame en février dernier...

Alors, moi je n'y ai plus rien compris. La seule chose dont je suis sûr c'est que dans toutes ces décisions contradictoires, je n'avais rien à y voir. Ni moi, ni tes autres amis. Pourtant, c'étaient les seules personnes qui comptaient encore pour toi à ce que tu avais dit. Vraiment, je n'ai plus rien compris et je ne comprendrai jamais rien.

Il y a surtout une question que je me pose maintenant mais personne ne pourra me donner la réponse : désirais-tu réellement quitter la Belgique ou attendais-tu qu'on te donne des raisons de rester ? Tu l'avais présenté comme ton rêve et je n'avais pas le droit de "casser" ce rêve. "Casser" ton rêve, c'était vraiment foutre ta vie en l'air. Pourtant, si tu n'avais pas vraiment envie de partir, si tu attendais des raisons de rester, je pouvais d'en donner une bonne dizaine. Mais, à mes yeux, elles n'étaient pas bonnes : je n'avais rien de mieux à t'offrir que ton rêve...

13:31 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : depart, choix, rester |  Facebook |

Commentaires

Le rêve... Certains rêves ne sont jamais à réaliser. Ils ne sont là que pour rêver, encore et encore…

Un voyage projeté ne retient pas , oublie que le lieu ne fait jamais la différence. Car où qu'on aille, on s'emmène toujours…

Écrit par : Infini...T | 01/05/2009

Votre blog exprime une souffrance qui a été la mienne, pendant des années, avant LA rencontre qui s'est avérée décisive. Renoncer à un amour qui s'avance, qui promet, qui grandit, et qui, on ne sait pourquoi, soudain vous plante là, vous quitte, c'est abominable. Que vous dire, sinon que le temps vous guérira, pas seulement parce que tout passe (il y a des souvenirs qui ne passent pas), mais parce que l'amour vous atteindra quand vous ne l'attendrez plus... Mon souhait [u]pour vous[/u]: qu'une séparation physique vous permette de [u]vous[/u] retrouver, d'à nouveau croire en vous.

Écrit par : Ephrem | 01/05/2009

SOURIRE AMER ... moi ! je lui disais que j'avais 8 raisons de ne pas me demander de venir vivre avec moi... et pourtant ! si tu savais comme j'aurais eu envie qu'il me le demande
les femmes sont compliquées !!!! oui elles le sont mais elles savent tellement aimer !!

Écrit par : Ange | 01/05/2009

Il y a tellement de façon d'aimer.

Ce n'est pas absolument nécessaire de vivre ensemble, de se voir 24 H sur 24.

Il suffit de passer de bons moments ensemble, d'être heureux de se voir, que ce soit réciproque.

Quand l'absence de l'autre nous manque, de se dire qu'on manque aussi à l'autre.

C'est quand on se rend compte qu'il n'y a plus de réciprocité que ça se complique. La première chose qu'on se demande, c'est si ça a jamais été réciproque, si on a été autre chose qu'un "passe-temps" ou une sorte de "médicament".

Pour le rêve, ça dépend s'il est réalisable ou non.

Écrit par : Antoine | 02/05/2009

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