04/05/2009

365 amis.

Imaginons qu'un homme possède 365 amis.
Il déciderait de consacrer à chacun de ses amis un jour de l'année. il faut être honnête, il ferait pour eux le maximum et ne pourrait vraiment pas donner plus.

A la fin de chaque année, il recommencerait le cycle. Ca veut donc dire qu'il verrait chacun de ses amis une fois par an...

Que se passerait-il dans la tête de chacun de ses 365 amis ? Que penseraient-ils de lui exactement ?

Je suppose qu'il y en aurait certains qui s'accomoderaient fort bien de la situation. Après tout, ça signifie quand même passer un bon moment une fois par an avec un ami.

Il y en a d'autres, par contre pour qui ce ne serait pas suffisant : un jour par an avec un ami, ça ne représente rien... Alors, un beau jour, ils finiraient par décliner l'invitation quand leur tour serait venu.

La personne qui aurait ainsi perdu quelques uns de ses amis ne s'en ferait sans doute pas trop : il lui en resterait tellement d'autres après tout. Quelque part, ça l'arrangerait peut-être même bien car elle aurait enfin quelques jours "libres" pour elle sur l'année.

Elle ne se rendrait pas compte que ceux qui seraient ainsi partis étaient sans doute ceux qui tenaient le plus à elle...

J'ai toujours trouvé curieux avec quelle facilité on taxe les gens "d'amis". D'une simple connaissance, on fait d'office un ami. Et tous ces "amis", on les accumule mais que représentent-ils vraiment ?
Pourtant, des amis véritables, ça doit être plutôt rare. Peut-être qu'on "s'invente" des amis comme ça pour se donner l'illusion qu'on en a, pour ne pas devoir admettre qu'on n'en a pas ou qu'ils ne valent "pas grand chose".

"...Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Il achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis..."

Ca a été écrit il y a si longtemps et c'était sans doute déjà tellement vrai. Et depuis, on n'a pas cessé d'aller "encore plus vite"...

amitie

17:11 Écrit par Antoine dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : amitie, amis, illusion |  Facebook |

Commentaires

Je n'ai eu qu'un véritable ami dans ma vie ....
Je ne l'ai plus ....
Il n'est pas parti de la même façon que ton " amie " mais il est parti aussi ....
une fois par an ... je ne pourrais pas .... c'est impossible !!!!

Écrit par : Ange | 04/05/2009

J'ai cru que j'en avais eu beaucoup. Et j'ai fini par me rendre compte que ce n'était pas des amis.

L'amitié, normalement, c'est pour toujours. Si on part, alors c'est qu'on n'était pas un ami : on utilisait l'autre comme un "passe-temps" ou un "médicament".

Alors, quand on a envie de changer de "passe-temps" ou qu'on n'a plus besoin de "médicament", on laisse tomber les "amis".

Si on part, c'est qu'on se fait passer "avant". Et si on passe "avant", c'est de l'égoïsme...

Écrit par : Antoine | 04/05/2009

Joli résumé d'une " déception " :-))

Écrit par : Ange | 04/05/2009

On peut se donner l'illusion d'être consolé si on se dit qu'on n'était pas si important pour les autres : Pourquoi devraient-ils l'être pour nous ?

Ca peut aider... Même si on sait qu'on se raconte des histoires.

Écrit par : Antoine | 04/05/2009

Pour vous faire sourire, malgré la tristesse à qui vous faites bonne figure (comme Sagan… au [u] beau nom grave de tristesse[/u]), je rappelle la fable de la Fontaine intitulée[i]« les deux amis »[/i]. Elle commence en coup de tonnerre : [i]« Deux vrais amis vivaient au Monomotapa »[/i], autrement dit au bout du monde, dans un pays inaccessible, …en Afrique australe, quand même, quelque chose comme le Botswana, autrefois. Et le fabuliste de continuer ensuite avec lyrisme. Mais un autre poète facétieux, Toulet, qui était pourtant mort bien avant de pouvoir s’initier au cynisme chez Facebook, avait tout réduit, le fûté, à ces deux vers drôles :[i] « Deux vrais amis vivaient au Monomotapa / Jusqu’au jour où l’un vint voir l’autre, et le tapa ».[/i]
Sérieusement, le sens des mots est tributaire du mot senti comme leur opposé, non ? « Ami » signifie autre chose selon qu’il s’oppose à ennemi, à connaissance, à client, à parent, à amant, à mari ou femme… Et même à « petit ami »… C’est la langue, on n’y peut rien.
Je devine que ces joyeusetés ne vous consolent pas, mais je voudrais tellement que vous voyiez que l'égoïsme n'est pas l'antithèse de l'amour, mais son commencement, son champ de possibilité.
"Gentiment".

Écrit par : Ephrem | 05/05/2009

"L'amour, c'est de l'égoïsme à deux".

Écrit par : Antoine | 05/05/2009

"Ami" est , en effet, un mot galvaudé...

Écrit par : marieke | 06/05/2009

Hélas...

Je veux bien avoir 10 amis, 100 amis ou même 1000 amis : ça ne fait jamais que des zéros en plus. Et tout le monde sait que "zéro", ça ne vaut rien...

Écrit par : Antoine | 07/05/2009

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