24/05/2009

Trahir...

C'est étonnant que l'annonce de ta disparition m'ait tellement touché.
Après tout, on ne se voyait plus depuis un peu plus d'un an.

Qui a coupé les ponts avec l'autre ? Est-ce toi qui ne me donnait plus de nouvelles alors que tu devais partir définitivement dans les 10 prochaines semaines ? Ou est-ce moi en t'écrivant que je ne tenais plus à te revoir avant ton départ ?
Quand j'ai écrit ce mail, j'avais juste l'impression de t'informer que j'avais compris et que je mettais les choses au point. A mes yeux je ne faisais que t'écrire ce que toi tu ne te décidais pas à m'écrire.

Mais tout a changé. Maintenant je repense surtout à certaines choses que tu m'as dites :
Tu m'as dit que je t'avais "sauvée". Ce n'est que maintenant que je comprends ce que tu voulais dire par là...

Tu m'as écrit que tu avais besoin de moi. Mais tu ajoutais aussi que si je ne voulais pas qu'on se revoie, tu en resterais là et que tu ne m'imposerais pas ta présence. Alors, on s'est revu une fois. Une seule et dernière fois.

Et puis, je me souviens aussi du SMS que tu m'avais envoyé pour m'annoncer que tu étais à l'hôpital. Tu avais ajouté le numéro de téléphone de ta chambre. Dès que j'ai pu, je t'ai appelée. Et les jours suivants aussi, jusqu'à ce que tu sortes...

Depuis que c'est arrivé, c'est tout ça qui a pris le dessus. Si je t'avais sauvée une fois, quelque chose me dit que je pouvais te sauver cette fois-ci aussi. Tu m'as souvent contacté quand tu étais "mal". D'ailleurs, dans un de tes derniers mails, tu m'écrivais que tu avais besoin de moi. Pourquoi de moi et pas de quelqu'un d'autre ? La dernière fois, tu ne m'as pas contacté. Tu es passée à l'acte. Tu m'avais écrit que si je ne voulais pas te revoir, tu ne t'imposerais pas dans ma vie... même si tu avais besoin de moi. Tu as tenu parole... parce que je t'ai écrit un mail.

On m'a dit que de toute façon, il y a longtemps que ça te trottait dans la tête et que personne ne pouvait rien y faire, que personne ne pouvait t'en empêcher.
Je n'en suis pas du tout convaincu...
Je me dis que c'est parce que tu devais partir que je t'ai envoyé ce mail, que sans ça, j'aurais attendu, comme d'habitude, que tu me fasses signe. C'est vrai mais ça donne l'impression de chercher des excuses. Et quand on cherche des excuses, c'est qu'on se sent responsable. Et puis, je me connais : sans connaître les différentes issues, j'aurais agi exactement de la même façon. Et qui peut connaître les issues à l'avance ?

Alors, depuis, il y a ce double sentiment de déception, d'incompréhension et de "culpabilité".

Jamais cette phrase ne m'a semblée aussi vraie :

"Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé."

Souvent, je me dis qu'on aimerait pouvoir tout "oublier". Mais on n'oublie jamais. D'ailleurs, maintenant, je me dis que je n'ai pas le "droit" d'oublier. Surtout après quelques mots que tu as laissés dans une longue lettre :
"Personne ne me manquera et je ne manquerai à personne."
Si c'est vraiment ça qu'on pense, pourquoi l'écrire ? Ca ne devrait même pas venir à l'esprit. Ca donne exactement l'impression du contraire : puisque tu avais l'impression que tu ne manquerais à personne, tu te disais que ça ne valait pas la peine que les autres te manquent.

J'ai l'impression que tu t'es retrouvée "au bout du rouleau", complètement seule, que tu t'es sentie abandonnée, que tu n'avais plus personne vers qui te tourner.

C'est peut-être moche à écrire, mais ce que j'aurais dû fare au début, c'est tout simplement ne rien répondre quand tu avais réagi à mes propos sur ce forum. Comme ça, on serait restés deux parfaits inconnus l'un pour l'autre et on ne s'en serait pas plus mal portés...

"Ceux qui quittent la vie ne meurent pas vraiment tant qu'il y a des gens pour se souvenir d'eux."
(Sylvain Trudel)

11:20 Écrit par Antoine dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : deception, culpabilite, incomprehension |  Facebook |

Commentaires

Je crois qu'il ne faut jamais avoir de regrets ... C'est destructeur et ne sert à rien ... Ce qui est arrivé est arrivé ... C'est dur mais la seule chose à faire à mon sens est d'en tirer des enseignements pour 'grandir' ou 'avancer' ...

Écrit par : L. | 24/05/2009

Ca fait mal si mal car je me sens si proche de ce qu'elle a vécu
Courage Petit Prince

Écrit par : Ange | 24/05/2009

L. On ne choisit pas d'avoir ou pas de regrets : on les a ou ne les a pas, tout simplement.

On ne peut pas s'empêcher de penser. Et quand on pense, on réfléchit à ce qu'on aurait pu faire d'autre ou autrement.

Écrit par : Antoine | 24/05/2009

Ange. Je ne sais pas trop ce qu'elle a vécu ni comment elle l'a vécu.

J'imagine en fonction de ce qu'elle m'a dit et de ce qui s'est passé. Elle m'a beaucoup "dit" mais peut-être pas tout. Ce qui est sûr, c'est que ce n'était pas joyeux.

Et ce n'est pas joyeux non plus à imaginer...

Écrit par : Antoine | 24/05/2009

uand on touche le fond, tout tient dans un instant ... un instant où plus personne ne compte. C'est terrible mais c'est comme ça. C'est pour soi et uniquement pour soi que l'on décide de couler où de de donner une poussée pour remonter.

Écrit par : Marie | 25/05/2009

Parfois, ce n'est plus la peine : on a lutté jusqu'à ses dernières forces et on coule parce qu'on ne peut plus rien faire d'autre.

On s'est débattu tant qu'on a pu et à un moment donné, on renonce.

Écrit par : Antoine | 25/05/2009

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