06/06/2009

Malheureux.

PetitPrinceEn lisant le livre, on se rend compte que les adjectifs qui conviennent le mieux au Petit Prince sont "triste" et "malheureux". Il y a en effet pas mal de passages qui le décrivent ainsi. Par contre, on ne le voit pas beaucoup rire...

"-Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois!
Et un peu plus tard tu ajoutais:
-Tu sais… quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil…
-Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste? Mais le petit prince ne répondit pas."

"Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient! Et ce n'est pas important ça!
Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots."

"Je ne savais comment l'atteindre, où le rejoindre… C'est tellement mystérieux, le pays des larmes."

"Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d'elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et il est devenu très malheureux".

"Et, quand il arrosa une dernière fois la fleur, et se prépara à la mettre à l'abri sous son globe, il se découvrit l'envie de pleurer".

"Et comme il se sentait un peu triste à cause du souvenir de sa petite planète abandonnée, il s'enhardit à solliciter une grâce du roi..."

"Et il se sentit très malheureux. Sa fleur lui avait raconté qu'elle était seule de son espèce dans l'univers. Et voici qu'il en était cinq mille, toutes semblables, dans un seul jardin!"

"Puis il se dit encore: "Je me croyais riche d'une fleur unique, et je ne possède qu'une rose ordinaire. Ca et mes trois volcans qui m'arrivent au genou, et dont l'un, peut-être, est éteint pour toujours, ça ne fait pas de moi un bien grand prince…" Et, couché dans l'herbe, il pleura."

"Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…"

Le Petit Prince n'a jamais voulu dire pourquoi il était triste : c'est l'aviateur perdu dans le désert qui a dû tout deviner :

"Le petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m'ont tout révélé."

"Chaque jour j'apprennais quelque chose sur la planète, sur le départ, sur le voyage. Ca venait tout doucement, au hasard des réflexions."

Il n'avait pas répondu non plus à la question sur les 43 couchers de soleil. C'est souvent comme ça : en général, quand on est triste, on préfère le garder pour soi, ne pas en parler... Pourquoi ? Peut-être parce qu'on est gêné ? Peut-être parce qu'on devrait se confier et qu'on n'a personne à qui se confier ? Peut-être parce que finalement, ça ne sert tout simplement à rien d'en parler : si on est malheureux, on a beau en parler, on restera malheureux : les autres ne peuvent rien y faire. C'est à soi et à soi seul de l'assumer.

C'est donc par hasard et en "raccrochant" tous les morceaux du puzzle que l'aviateur a fini par connaître et comprendre la tristesse du Petit Prince. On dirait que tout a commencé avec sa Rose. Avant ça, on parle juste de sa routine quotidienne. On suppose que c'est à cause de sa Rose qu'il est devenu malheureux et qu'il n'a jamais guéri de sa tristesse. On ne l'écrit pas ouvertement mais ça semble être le cas. Peut-être était-il heureux avant, à moins qu'il n'y ait des gens qui soient destinés à être toujours malheureux ?

La tristesse, c'est contagieux ? Après sa rencontre avec le Petit Prince, l'aviateur est devenu triste lui aussi, même six ans après :

"J'éprouve tant de chagrin à raconter ces souvenirs. Il y a six ans déjà que mon ami s'en est allé avec son mouton. Si j'essaie ici de le décrire, c'est afin de ne pas l'oublier. C'est triste d'oublier un ami. Tout le monde n'a pas eu un ami."

"Les camarades qui m'ont revu ont été bien contents de me revoir vivant. J'étais triste mais je leur disais: C'est la fatigue…"

L'aviateur qui explique que le Petit Prince ne répondait jamais aux questions. A la fin, lui non plus ne s'explique pas à ses amis : il préfère prétexter la fatigue... Dire qu'on est fatigué pour ne pas parler des raisons de sa tristesse. C'est fou ce que ça me rappelle quelque chose...

Et puis, quand on est triste, c'est toujours à cause des autres ? Le Petit Prince à cause de sa Rose. Le Renard à cause du Petit Prince. L'aviateur à cause du Petit Prince.

Et nous, dans la vie de tous les jours, pourquoi est-on triste ?

Ou devrais-je écrire : "A cause de qui" ...

16:33 Écrit par Antoine dans Le Petit Prince | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : triste, malheureux, petit prince |  Facebook |

05/06/2009

Souvenir...

Tu es partie en vacances un samedi. Tu n'as pas manqué de faire savoir à tes amis que tu étais bien arrivée à destination et qu'il n'y avait pas eu de problème. J'ai reçu une carte. C'est toujours chouette de recevoir une carte.

Tu revenais également un samedi. Je ne savais pas trop à quelle heure et j'espérais que tu ne tarderais pas à donner de tes nouvelles à ton retour. Je n'ai vraiment pas été déçu : tu devais à peine être descendue de l'avion que tu me téléphonais. Tu m'as proposé de "reprendre nos bonnes vieilles habitudes", c'est-à-dire de passer une journée ensemble. Ca a été vite puisqu'on s'est revu dès le lendemain.

Tu m'attendais à la gare et tu avais un petit cadeau pour moi. On est parti loin... Très loin même. On s'est arrêté dans un restaurant où, comme d'habitude, on a pris tout notre temps. Quelque part, on ne va pas au restaurant pour manger : je trouve que c'est vraiment une "activité". C'était une très belle journée ensoleillée.

C'est ce jour-là qu'on a élaboré un tas de petits projets, au hasard de nos discussions : on parlait de ce qu'on connaissait, d'où on était déjà allé, d'où on aimerait aller. Et au fil de la discussion, on se proposait d'y aller un de ces week-end. C'était possible: tu n'étais pas encore partie, donc on avait encore tellement de temps. C'est ce jour-là que tu m'avais notamment proposé d'aller passer quelques jours à cet endroit qui me fait "rêver". On passait tellement de temps ensemble : pourquoi est-ce que tous ces projets n'auraient pas été possibles ? Et puis, jusque-là on avait toujours tenu nos "engagements" : chaque fois qu'on avait décidé de faire quelque chose, on l'avait fait.

Ca avait encore été une belle journée. Je ne me doutais pas, mais alors vraiment pas que tous ces petits projets resteraient des "paroles en l'air" : en tout et pour tout, après cette magnifique journée, je devais encore te voir seulement 4 fois en 18 mois. Ce n'est vraiment pas beaucoup quand on a passé autant de temps avec quelqu'un. Et puis, c'est si "brusque". Comment pourrait-on s'y attendre ?

Quand c'est arrivé une fois avec quelqu'un dont on se sentait si proche, c'est impossible d'encore pouvoir faire confiance à qui que ce soit. Comment le pourrait-on ?

17:00 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : souvenir |  Facebook |

03/06/2009

amour et Amitié.

Il y a déjà longtemps que j'avais trouvé ceci sur Internet :

dyn005_original_400_300_pjpeg_2662782_eb5bf89b8041963e74c81361b610102f.jpeg

Récemment, j'ai vu que le texte figurait également sur le blog de Jicé.

C'est un grand sujet "l'amour et l'amitié". Assez curieusement, si à la base la racine est la même, "aimer", on en fait un peu comme deux "ennemis" qui n'apportent pas du tout la même chose.

C'est quoi finalement la différence entre l'amour et l'amitié ?

A priori, on pourrait croire que l'amour, c'est plus "grand", plus "profond", plus "beau". Ca, c'est la théorie. Dans les faits, j'ai le sentiment que c'est tout différent. Quand deux personnes décident de partager leur vie, on parle d'amour. Comment ça se passe ce "partage" ? Au point de départ, il y a peut-être des sentiments profonds mais ce n'est même pas toujours le cas : combien ne voit-on pas de gens qui n'ont aucun problème à changer de partenaire du jour au lendemain dès que ça ne va plus avec le précédent. Ils n'ont même pas l'air affecté. Et puis, tous des gens qui décident de se mettre en couple un peu comme si c'était "la mode", juste pour ne pas rester seul. Il y en a même qui vont jusqu'à admettre qu'ils ont pris "ce qui restait". On est déjà loin des grands sentiments. Mais ce n'est pas fini. Combien de victimes au nom de "l'amour". J'ai toujours trouvé écoeurant ces inepties qu'on nomme "crimes passionnels". Quelqu'un aimait tellement son conjoint qu'il a été jusqu'à le tuer ! Le bel "amour" que voilà... Enfin, on ne va pas toujours jusqu'au meurtre : parfois, on se contenrte de s'engueuler, de "blesser" l'autre ou alors ça arrive aussi qu'on tape "un peu". C'est normal puisqu'on "aime"... Pas la peine de s'étendre sur le chapitre jalousie qui pardonne tout. Quand ça ne se termine pas par un drame ou une séparation, il y a aussi des couples qui passent la moitié (ou plus) de leur vie commune à s'engueuler. Et pour terminer, ceux qui trompent leur conjoint sont légions et parfois ne s'en cachent même pas. Et tout avait si bien commencé...

En fait, on commence par se rencontrer, on passe du temps ensemble. Forcément, on ne voit que les bons côtés puisqu'on n'est pas ensemble 24 H sur 24. Et un beau jour, on décide de vivre ensemble 24 H sur 24. A ce moment, on ne voit plus l'autre comme on l'imaginait mais comme il est vraiment, avec aussi ses défauts. Le réveil est parfois dur.

Alors, quand "ça ne va plus", on se tourne vers "ce qui reste" (s'il en reste) : les amis. L'amitié, c'est le "parent pauvre" de l'amour. Les amis, c'est ceux qu'on est content de rencontrer tant qu'on est seul. Parce qu'une fois qu'on n'est plus seul, les amis n'ont qu'à comprendre qu'on a autre chose à faire que de passer du temps avec eux. La première chose que fait l'amour, c'est de "détruire" tout ce qui ne fait pas partie du "bocal", à commencer par les amis. Et quand il a tout détruit, il finit par s'autodétruire d'une manière ou d'une autre.

Grave erreur : si on continuait à consacrer du temps à ses amis, l'amitié serait éternelle. On ne passe pas 24 H sur 24 avec un ami. Normalement, on ne se voit jamais assez longtemps pour finir par s'engueuler. Et on ne reste jamais assez longtemps sans se voir pour s'oublier. Avec un ami, on ne passe que de bons moments : on se voit quand on a envie de se voir, pas par obligation. Un ami, il écoute, il "partage". Quand "ça ne va pas", on est content de le voir. On se confie à lui. C'est tellement mieux que ce qu'on appelle l'amour. Et pourtant, quand on rencontre l'amour, l'ami, on n'en a plus rien à faire : on le voit de moins en moins et on finit par ne plus le voir du tout. Alors, il se dit que finalement, il n'était peut-être pas un ami et il prend ses distances. Le jour où on a besoin de lui, il n'est plus là. Et qui pourrait lui en vouloir ?

On se demande souvent si l'amitié est possible entre un homme et une femme. Ca devrait. Et c'est tellement bien. Mais si on se contente d'être un ami, parfois on se fait comme "voler" son amie par quelqu'un qui "l'aime". Pourtant il suffirait de mettre les choses au point dès le début. Le problème, c'est de savoir si on veut garder ses amis quand on trouvé l'amour. On dirait bien que dans les faits, la réponse est non. Les amis, ce sont des sortes "d'intérimaires" : quand leur contrat est terminé, on fait ce que tout bon patron fait : on vire sans remerciements pour les bons services rendus...

Vu comme ça, qu'est ce qu'on est bien quand on seul !

Michel Tournier résume très bien ce que je viens d'écrire :

"Une fois sur deux, un ami qui se marie est un ami perdu."

Si au moins "l'amour" en valait la peine... Mais ce n'est même pas le cas. Ce n'est que violence, jalousie pour finir par de la haine avec au début un "semblant" de sentiments. D'ailleurs, s'il en était autrement, comment pourrait-on en arriver à faire du mal en paroles ou en actes à une personne qu'on prétend avoir "aimé" ? On l'aimait pour "soi", par pour "elle-même" : pas de concessions. D'ailleurs, si on en vient à parler de "concession", c'est déjà le début de la fin...

18:53 Écrit par Antoine dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : amour, amitie |  Facebook |

02/06/2009

Interrupteur.

Depuis que tu es partie comme ça, j'ai l'impression de vivre un peu comme "au ralenti", d'avoir changé.

J'ai toujours aimé regardé un panorama. Plus, je suis haut et plus je vois loin, plus je me sens bien. Ca peut sembler idiot, mais jusqu'il n'y a pas si longtemps, rien que le fait d'être comme ça en hauteur me suffisait pour être vraiment "libre". Une impression de tout survoler. Je pouvais regarder pendant longtemps en essayant de voir un peu plus loin, de trouver des détails que je n'avais pas encore vus.

C'est fini maintenant... Quand je vois encore une vue comme ça, ou je détourne les yeux ou je baisse la tête pour éviter de voir à l'horizon : ça me donne une sorte de "malaise" indéfinissable.

Peut-être que c'est parce que tout ce qu'on voit de loin rappelle des souvenirs ou indique simplement une direction. Un peu comme si on voyait trop de choses à la fois et que ça fait trop de souvenirs à supporter en une fois. Peut-être aussi parce que ce sont des vues que j'avais envie de "partager" avec toi. Avoir l'occasion de te dire "Regarde comme c'est beau vu d'ici..." C'est peut-être le fait que je n'aurai jamais l'occasion de te le dire qui me fait cet effet là.

Il y aussi des souvenirs qui ne te concernent même pas et qui me "dérangent" maintenant. Chaque fois que je me rappelle de quelque chose que j'ai fait depuis qu'on s'est perdu de vue, je me demande ce que tu faisais précisément à cet instant. Si tu étais heureuse, si tu étais déprimée, à quoi tu pensais, si tu était encore partie en vacances. Je me dis aussi que tu étais peut-être déjà en train de te "crasher".

Il y a aussi tous les moments où je me suis retrouvé sans toi mais où tu aurais pu être là. Mais je n'avais pas de nouvelles. Et je préférais ne rien demander. Tu ne le sais pas, mais à chaque fois que je me suis retrouvé dans une situation comme ça, j'espérais secrètement que tu serais là aussi, que par je ne sais quel miracle, on t'aurait aussi passé le message et qu'on se serait retrouvé ensemble, "comme avant". Evidemment, ça n'a jamais été le cas... Et je n'ai jamais demandé à ceux qui étaient présents : "Vous avez des nouvelles ?"

Depuis, le terme qui me convient le mieux, c'est "éteint". L'impression qu'il y a quelque chose qui s'est mis "en veilleuse" à l'intérieur. Que je fais tout "mécaniquement". Je n'ai plus envie de parler, beaucoup de choses sont devenues complètement indifférentes. Je ne sais pas si ça reviendra, si l'interrupteur se rallumera mais finalement ça n'a pas d'importance... Se rallumer, pourquoi ? Pour recommencer, mais recommencer quoi ?

18:13 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : eteint |  Facebook |

01/06/2009

Crash

dyn002_original_400_302_pjpeg_2662782_af160bd03e74698ce1271c003b08f0ff.jpeg



Lorsqu'un pilote rencontre des difficultés avec son avion, comment réagit-il ? Est ce qu'il se dit simplement "tant pis !" ? Il ne lui reste alors qu'à attendre les bras croisés que son avion percute le sol.

Ou alors, est-ce qu'il refuse l'évidence, est-ce qu'il continue à se "battre" avec les commandes, à espérer bien que ce soit inutile ?

C'est difficile de répondre à cette question. Personnellement, j'ai l'impression qu'un pilote ne renonce jamais. Que, même s'il se rend compte qu'il est en danger très grave, il continue à essayer tout ce qu'il y a moyen d'essayer même si ça ne sert à rien. Au bout du compte, il finit par percuter le sol mais il n'a jamais renoncé.

Et dans la vie, ça se passe comment quand il arrive "quelque chose" ? Parfois, on dit qu'on a "touché le fond" et qu'il n'y a plus qu'à remonter. Est-ce que ce n'est pas plus grave ? Est ce que, en quelque sorte, on ne serait comme un pilote qui a perdu tout contrôle sur son avion ? Est-ce qu'on n'a pas aussi tout essayé, tout espéré ? Mais à un moment donné, l'inéluctable est arrivé : on s'est crashé. Tout est fini...

Comment peut-on savoir si un pilote qui s'est tué a tout essayé ou s'il s'est croisé les bras en "fataliste" ?

Et de la même façon, comment peut-on savoir dans la vie si on a tout fait également ?

Après tout, le pilote est seul dans son avion : on ne peut rien pour lui. Il a bien une radio, mais que peut-on faire avec la radio quand on est en panne ?On est seul aussi "dans sa vie" : personne ne peut "entrer dedans" pour dépanner.

De toute manière, au bout du compte, le résultat est le même : le crash...

12:27 Écrit par Antoine dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : crash, accident |  Facebook |