02/06/2009

Interrupteur.

Depuis que tu es partie comme ça, j'ai l'impression de vivre un peu comme "au ralenti", d'avoir changé.

J'ai toujours aimé regardé un panorama. Plus, je suis haut et plus je vois loin, plus je me sens bien. Ca peut sembler idiot, mais jusqu'il n'y a pas si longtemps, rien que le fait d'être comme ça en hauteur me suffisait pour être vraiment "libre". Une impression de tout survoler. Je pouvais regarder pendant longtemps en essayant de voir un peu plus loin, de trouver des détails que je n'avais pas encore vus.

C'est fini maintenant... Quand je vois encore une vue comme ça, ou je détourne les yeux ou je baisse la tête pour éviter de voir à l'horizon : ça me donne une sorte de "malaise" indéfinissable.

Peut-être que c'est parce que tout ce qu'on voit de loin rappelle des souvenirs ou indique simplement une direction. Un peu comme si on voyait trop de choses à la fois et que ça fait trop de souvenirs à supporter en une fois. Peut-être aussi parce que ce sont des vues que j'avais envie de "partager" avec toi. Avoir l'occasion de te dire "Regarde comme c'est beau vu d'ici..." C'est peut-être le fait que je n'aurai jamais l'occasion de te le dire qui me fait cet effet là.

Il y aussi des souvenirs qui ne te concernent même pas et qui me "dérangent" maintenant. Chaque fois que je me rappelle de quelque chose que j'ai fait depuis qu'on s'est perdu de vue, je me demande ce que tu faisais précisément à cet instant. Si tu étais heureuse, si tu étais déprimée, à quoi tu pensais, si tu était encore partie en vacances. Je me dis aussi que tu étais peut-être déjà en train de te "crasher".

Il y a aussi tous les moments où je me suis retrouvé sans toi mais où tu aurais pu être là. Mais je n'avais pas de nouvelles. Et je préférais ne rien demander. Tu ne le sais pas, mais à chaque fois que je me suis retrouvé dans une situation comme ça, j'espérais secrètement que tu serais là aussi, que par je ne sais quel miracle, on t'aurait aussi passé le message et qu'on se serait retrouvé ensemble, "comme avant". Evidemment, ça n'a jamais été le cas... Et je n'ai jamais demandé à ceux qui étaient présents : "Vous avez des nouvelles ?"

Depuis, le terme qui me convient le mieux, c'est "éteint". L'impression qu'il y a quelque chose qui s'est mis "en veilleuse" à l'intérieur. Que je fais tout "mécaniquement". Je n'ai plus envie de parler, beaucoup de choses sont devenues complètement indifférentes. Je ne sais pas si ça reviendra, si l'interrupteur se rallumera mais finalement ça n'a pas d'importance... Se rallumer, pourquoi ? Pour recommencer, mais recommencer quoi ?

18:13 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : eteint |  Facebook |

29/05/2009

Souvenir...

C'était juste avant que tu partes en vacances...

Je me suis rappelé que tu n'avais pas d'appareil photo. J'avais envie de trouver un moyen de te remercier pour toutes les fois où tu m'avais reconduit chez moi en voiture. Ca en représentait des kilomètres.

Alors, j'ai voulu te faire une surprise : j'ai décidé de t'offrir un appareil photo. J'y ai ajouté une carte, avec une rose bien sûr, sur laquelle je te disais "merci" pour tous ces trajets que tu avais déjà faits pour moi.

Tu m'attendais à la gare et je t'ai donné le paquet. Ca t'a vraiment fait plaisir. On est tellement heureux quand on réussi à faire plaisir à quelqu'un... On a commencé par aller à ce que tu appelais "notre" restaurant, vu qu'on y était déjà allé plusieurs fois. On a pris tout notre temps pour manger. On a décidé de prendre le dessert sur la terrasse. Ca a été très spécial car il y avait du vent et des pétales de fleurs tombaient des arbres tout proches : on a pris le dessert sous une véritable "pluie de fleurs". C'était vraiment original. Ensuite on s'est un peu baladé et on s'est retrouvé dans un parc. Il y avait un grand jeu d'échecs en plein air avec des pièces immenses. Tu ne savais pas jouer aux échecs : on avait essayé de t'apprendre mais tu n'avais rien compris. Alors, comme on avait un jeu sous la main, j'ai décidé de t'apprendre, là, tout de suite, en plein air. J'ai placé les pièces. Ensuite, je t'ai donné leur nom et expliqué tous les mouvements, pièce par pièce et on a commencé. Pour chaque coup tu posais des questions sur ce que tu pouvais faire ou pas. A chaque fois, je te "corrigeais" si tu avais fait une erreur mais en même temps, je te montrais ce qu'allait impliquer tel ou tel mouvement légal. On a fait toute la partie comme ça, à notre aise, devant tous les gens qui passaient. Tu as eu l'air d'avoir compris. On a continué notre balade. Ensuite, on est allé mangé une glace et tu m'as raccompagné à la gare, jusque sur le quai. Tu as attendu que mon train arrive avant de partir.

Ca reste un des plus beaux souvenirs. Tu avais l'air tellement heureuse... Je crois que tu m'as envoyé au moins 2 ou 3 SMS ce jour-là, rien que pour me remercier. J'ai appris par la suite que tu avais presque tout de suite prévenu nos 2 amis du cadeau que tu avais reçu.

C'est peut-être ça qui fait que c'était une si belle journée : l'effet que ce petit cadeau avait eu sur toi...

18:35 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cadeau, souvenir |  Facebook |

20/05/2009

Indescriptible.

C'était un mardi. Comme d'habitude, j'étais arrivé très tôt au bureau.
Mon GSM a sonné. On m'a dit qu'on avait une mauvaise nouvelle à m'annoncer.
Je ne savais pas vraiment à quoi je devais m'attendre. Après quelques secondes, on m'a annoncé que tu étais décédée...
Je suis vraiment tombé des nues. J'ai demandé ce qui était arrivé, ce qui s'était passé mais on n'en savait pas plus...

Quand j'ai raccroché, j'étais dans un état "second". Comme d'habitude, j'ai été boire un café avec un collègue mais ce jour-là, je n'ai rien dit et je ne sais pas de quoi il a parlé. C'est la dernière fois que j'ai été boire un café le matin.
Pendant toute la journée, je suis resté complètement silencieux. Je ne trouvais vraiment rien à dire à personne. Je pensais à toi, à tout ce qui s'était passé jusqu'à ce qu'on se perdre de vue. Mes collègues m'ont demandé je ne sais combien de fois ce qu'il y avait. J'ai juste répondu que j'étais fatigué.
J'étais incapable de me concentrer sur le travail. J'avais l'impression que toutes les personnes autour de moi étaient en une fois devenues complètement "étrangères". A midi, j'ai du me forcer pour avaler quelque chose.

Le lendemain ça a été le même. Le surlendemain, c'était pire. J'ai eu envie de prendre congé et de retourner à midi. Je me suis rendu compte que, si je n'avais plus du tout envie d'être au bureau, je n'avais pas plus envie d'être chez moi. Je ne savais pas ce que j'aurais bien pu y faire. J'ai envisagé de prendre l'après-midi et d'aller me balader en ville, mais je n'avais envie d'aller nulle part. J'avais l'impression de ne plus être bien quel que soit l'endroit où j'aurais pu me trouver.

Le soir, mon GSM a sonné. On m'a précisé qu'il s'agissait d'un suicide. Mais je m'en doutais un peu. J'ai juste été capable de dire que je préférais en "parler" par mail. Je n'ai rien pu ajouter d'autre...

Je n'ai pas été à l'enterrement. D'abord, je trouve que ça ne sert à rien : pour la personne qui n'est plus là, on ne sait rien faire. Juste "montrer" qu'on est là. Ca n'apporte rien. Ensuite, pour la bonne et simple raison que, ayant coupé tous les contacts avec toi, je n'y aurais pas été à ma place. Je n'avais plus rien fait quand tu étais vivante. Il n'y avait vraiment plus rien à faire maintenant que tu étais morte. Nos amis communs y sont allés. Après, dans un mail on m'a écrit ceci :

"Quand je lui ai dit au revoir, je lui ai dit que tu étais là aussi par la pensée..."

"Par la pensée..." Effectivement, il m'arrivait souvent de penser à toi. Mais tout ce qui s'était passé m'a donné le sentiment que ce n'était pas réciproque. Le fait que tu sois "partie" comme ça me donne à penser qu'il y avait pourtant tellement à faire pour toi...

Et depuis, je réfléchis, je pense, je médite, ... en me disant que de toute façon, il est trop tard...

18:46 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

17/05/2009

Seul...

Avant de te connaître, je ne peux pas dire que je me sentais seul.
J'ai toujours été un peu "solitaire", mais c'est une situation qui me convient très bien comme ça et j'ai toujours trouvé à m'occuper à gauche ou à droite avec, à l'occasion, quelques sorties de toutes sortes. De toute façon, je n'ai jamais aimé être entouré de beaucoup de personnes : plus il y en a, moins elles représentent.

Quand on s'est rencontré sur Internet, tu n'étais au début qu'une connaissance virtuelle. Après, on s'est vu une ou deux fois. J'étais content de te voir et j'espérais qu'on aurait l'occasion de se voir de temps en temps, sans plus. Ca me convenait très bien ainsi.

Et puis, on s'est vu beaucoup plus souvent, on avait prévu d'aller à plusieurs endroits. A partir de ce moment, ça a été différent bien sûr. Tu as commencé à prendre beaucoup plus de place dans ma vie.

Et par la suite, à plusieurs reprises, je me suis senti vraiment seul... Ton départ pour l'Etranger, même si sur le coup ça m'avait un peu "retourné", j'avais fini par l'accepter. Et puis, c'était loin, ça me donnait le temps de me "préparer".
Mais il y a eu le reste.
D'abord ce mois de juin où tu as pratiquement "disparu" sans donner de nouvelles.
Ensuite, ce mois de septembre où je comptais sur ta présence qui était prévue et où tu n'étais pas là. Cette période où on a coupé les ponts pendant 3 mois.
Après, ce "retour" qui n'en était pas un puisqu'on ne s'est plus jamais revu. Cette période où chaque jour, je comptais le temps qui te restait à passer en Belgique et où j'espérais que tu ferais enfin signe.
Finalement, j'ai passé mon temps à te "perdre" sans rien comprendre.
L'impression que chaque fois qu'on se quittait, tu m'oubliais complètement, comme si je devenais un parfait inconnu dont tu pouvais facilement te passer.
Et enfin, un an après, le drame... Pourtant, après un an ça aurait dû me toucher beaucoup moins. C'est tout le contraire qui s'est passé.

Ca aura vraiment été la "gradation" dans la solitude. Depuis, ce mois de février, j'ai presque l'impression d'être sur une autre planète, en faisant "semblant de vivre" ici, histoire qu'on ne me pose pas trop de question et qu'on me laisse bien dans mon coin.

09:47 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : solitude, seul |  Facebook |

16/05/2009

Seule...

Nous avions eu l'occasion de parler de solitude dans nos échanges par mail.

Tu m'as expliqué, qu'avant, tu aspirais à vivre seule. Mais, après avoir acheté ta maison, quand tu t'es retrouvée effectiveùent seule dedans, tu t'es mise à pleurer.

Tu m'as expliqué qu'avec le temps la solitude était devenue ta "pire ennemie". C'est lors de ces échanges que tu m'as avoué que cette solitude avait parfois failli te pousser à la dernière extrémité et que tu nn t'étais arrêtée qu'au dernier moment.

En repensant à tout ça, je comprends d'autant moins le fait que tu aies refusé qu'on se revoie. Tu as vraiment été catégorique :

"je préfère rester seule".

Vraiment incopréhensible. Tu préférais rester avec "ta pire ennemie" que de passer un moment avec celui que tu appelais ton "meilleur ami".
Et tout ça pour en arriver là...

12:24 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : solitude, seule |  Facebook |

12/05/2009

Solide ou fragile ?

Dans un mail que tu m'avais envoyé, tu te demandais ce qui était arrivé à notre amitié.
Il faut dire qu'il y a eu une époque où ça semblait tellement important pour toi...

Je ne sais pas comment on peut la définir...
Comme un diamant ? Un diamant, c'est quelque chose de vraiment solide. Presque indestructible.
Malheureusement, en général, c'est fort petit... Ca ne prend pas beaucoup de place...
Ou alors comme du cristal. C'est magnifique du cristal. Mais ce n'est pas très solide : un petit mouvement de travers et on risque de le faire tomber...

Peut-être que notre amitié c'était comme un diamant. Solide mais trop petit. Et il y a tellement de choses dans une vie. Forcément, quelque chose de tellement petit, on risque de le déposer quelque part, sans faire attention. Alors, quand on en a besoin, parfois, on a du mal à le retrouver. On est sûr de ne pas l'avoir jeté, mais impossible de remettre la main dessus. Parfois, on ne le retrouve jamais...

Peut-être que notre amitié était comme du cristal. Beau mais beaucoup trop fragile. Un objet fragile, c'est difficile de le conserver intact bien longtemps : on dépose beaucoup de choses à gauche et à droite. Et un beau jour, on le voit tomber. On tente bien un geste pour le récupérer mais c'est trop tard : un grand bruit et il ne reste rien.

Solide comme un diamant ou fragile comme du cristal, c'est égal. C'est tellement triste d'avoir égaré ou brisé quelque chose qui avait tellement de valeur...

idk_diamant

19:31 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : amitie, fragile, cristal, diamant, solide |  Facebook |

09/05/2009

Une proposition qui m'a surpris.

C'était un jour où on avait passé la journée ensemble.

Tu avais parlé de tes vacances prochaines.
Tu m'as reconduit à la gare. On attendait mon train. A un moment donné, tu m'as dit que, si je voulais, je pouvais partir en vacances avec toi.

J'ai vraiment été étonné de ta proposition à laquelle je ne m'attendais vraiment pas.
J'ai refusé. Il y avait déjà un gros problème "psychologique" : pour monter dans un avion, il me faudrait vraiment beaucoup. Mais il y avait d'autres raisons. D'abord, j'étais pris au dépourvu et je n'aurais pas su me décider en 5 minutes. Tout ce que j'aurais pu dire c'est "peut-être". Mais "peut-être", ça fait tellement "hypocrite" quand ça se termine finalement par un refus. C'est un peu comme si on n'avait pas osé dire "non" tout de suite. Et un "peut-être" qui devient "non", c'est tellement plus décevant que de tout de suite répondre "non".
Il y avait aussi le fait qu'il aurait fallu compter les congés, vérifier à quel moment ça tombait, si je n'avais rien d'autre de prévu,.. Ce n'était la période habituelle à laquelle je prends mes congés. Et de fait, je n'y pensais même pas à ce moment-là, mais il y avait un autre jour où j'avais déjà un engagement et quand on s'est déjà engagé, on ne peut pas se désister.
Tu n'as pas insisté et on n'en a plus parlé. Je ne sais même pas à quel point tu tenais à ce que je t'accompagne ni si tu as été déçue...

En se voyant par la suite, je t'avais un jour parlé "en l'air" de quelques destinations où je ne suis jamais allé mais qui pour moi ont "quelque chose", des destinations qui me font "rêver". L'une d'entre ellles n'est pas si lointaine. Tu m'as dit qu'on pourrait éventuellement y passer quelques jours. J'ai accepté, mais ce n'était pas pour tout de suite... Et quand le moment aurait dû arriver, tu avais changé et il n'en était plus question. Je pense que maintenant, quelles que soient les circonstances, je n'irai jamais là-bas. Ca me rappelerait trop cette conversation.

Et enfin, dans un de tes derniers mails, quand il était question de ton départ définitif, tu m'avais fait promettre que j'irais te voir pendant les vacances. J'avais aussi accepté.

Et finalement plus rien. D'ailleurs, même si tu étais partie, je n'y serais plus allé puisqu'on avait perdu tout contact. Tu n'avais plus envie de me voir alors que c'était si facile, qu'on était si proches en kilomètres. Pourquoi en aurais-tu eu envie lorsque tu aurais été dix fois plus loin ?

Mais c'est tellement bizarre toutes ces contradictions, surtout aujourd'hui. Au moins, si tout avait été clair d'une manière ou d'une autre et s'il n'y avait pas eu cette issue tragique...

09:00 Écrit par Antoine dans Toi | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : vacances, proposition |  Facebook |